mardi 26 août 2008

L'Aberrante Pierre Philippe romancier

Attention coupez le canal odeur c'est Pierre Philippe qui ecrit

Au bord de mon lit, Charles de Gaulle besognait William d'Angleterre, dont le célibat commençait à faire jaser. Presque sur mes genoux, les frères Ritter invitaient Gilbert Houcke, l'apollinien belluaire de mes années folâtres, à faire glisser son légendaire slip léopard à ses chevilles, j'avais coupé le canal odeur. D'ailleurs, le son était suffisant, qui mêlait leurs feulements à la question haletante du général, expectorée dans le plus basique anglais de backroom: " Can you feel my big french dick, Bill?" On vendait depuis longtemps, pour quelques euros, ces masques dans les plus humbles bazars. Les moutards y recomposaient et roi d'Angleterre en plein rut virtuel. ""Toute chose, inévitablement, s'en va par le bas", signé : Bertold Brecht. "Jouis sur mon visage ... ", murmura mon frère Yves. " N'oublie pas... Brecht... Toutes choses... Vers le bas ", soufflais-je, en voyant se dissoudre ma chambre, mes milliers d'amants de papier et mon frère Yves lui-même, dont je ne distinguais déjà plus que la bouche en très gros plan me disant: "Ne m'en veux pas, Pierre, mais je vais te désobéir, pour une fois. " J'eus un geste vers le linceul de honte, comme pour implorer qu'il le dispersât, en révérence à ma belle âme d'intellectuel pris en faute. Mais je n'entendis plus que la chère voix dans la blancheur aveuglante du dernier passage: "Je mettrai tout ça dans la fosse, comme ton trésor obscur, ton cortège vers ton ciel à toi. Et dans la poussière, demain matin, je tracerai l'autre épitaphe, celle qui te faisait tant rire et qui me plaît bien, à moi ". Tu sais : "L'azur, l'azur,l'azur,l'azur !

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